Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, fait l’objet d’une campagne de dénigrement sur fond de sanctions récemment infligées à plusieurs cadres de la Direction générale des impôts (DGI). Ces mesures disciplinaires interviennent dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme de la facture normalisée et de la lutte contre les pratiques susceptibles de compromettre la mobilisation des recettes publiques.
Selon des informations concordantes, plusieurs chefs de bureaux et chefs de division de la DGI auraient été sanctionnés pour des manquements graves à leurs obligations professionnelles, notamment pour leur implication présumée dans des mécanismes de déduction de la TVA non appuyés par des factures normalisées.
Ces pratiques auraient occasionné un important manque à gagner pour le Trésor public. Pour les seuls mois de mai et juin, celui-ci est estimé à près de 700 milliards de francs congolais, soit environ 300 millions de dollars américains.
À la suite d’un contrôle mené par l’Inspection générale des finances (IGF), plusieurs cadres mis en cause ont été suspendus. D’autres mesures disciplinaires pourraient encore intervenir dans les prochains jours, selon les éléments disponibles.
C’est dans ce contexte que s’inscrirait l’agitation observée autour du ministre des Finances, alors que son administration poursuit la mise en œuvre de la réforme de la facture normalisée. Celle-ci vise notamment à renforcer la traçabilité des opérations économiques, sécuriser les recettes de l’État et réduire les possibilités de fraude à la TVA.
Pour ses promoteurs, ces mesures constituent un volet important de l’assainissement du système fiscal congolais. La controverse actuelle intervient ainsi au moment où le ministère des Finances entend renforcer les mécanismes de contrôle et de mobilisation des recettes publiques.
Aaron Kikadi

