Kinshasa — Le secteur des jeux d’argent et de hasard en République démocratique du Congo entre dans une nouvelle phase de structuration. Créée au sein du Ministère des Finances par arrêté ministériel et agissant sous l’impulsion de S.E.M. Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la Cellule de Surveillance des Jeux d’Argent et de Hasard (CSJA) est chargée d’accompagner la mise en œuvre de la réforme du secteur, en perspective de l’installation de l’Autorité de Régulation des Jeux d’Argent (ARJA).
La CSJA se présente comme une structure technique destinée à encadrer, contrôler et surveiller les activités liées aux jeux d’argent et de hasard. Sa mission s’inscrit dans une volonté des pouvoirs publics de renforcer la transparence du secteur, de mieux suivre les flux financiers et d’améliorer la mobilisation des recettes publiques.
Accompagner la mise en œuvre de la réforme
Parmi ses principales missions figure l’accompagnement de la mise en œuvre de la réforme. La CSJA intervient notamment dans l’identification des opérateurs, l’instruction des demandes d’agrément et le contrôle de la conformité des activités, des systèmes et des plateformes.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par la volonté du Gouvernement de mettre fin aux pratiques irrégulières et de doter le secteur d’un cadre moderne et durable. Le Ministère des Finances assure actuellement le pilotage institutionnel de la réforme du secteur. À travers la CSJA, il met en œuvre les missions transitoires d’encadrement, de contrôle et de surveillance, en perspective de l’installation de l’ARJA.
Préparer les bases de la future régulation
La CSJA contribue également à préparer les mécanismes techniques et institutionnels nécessaires à la mise en place de la future ARJA, appelée à exercer pleinement les missions de régulation prévues par la loi.
Cette phase transitoire doit notamment permettre d’assainir le secteur et de poser les fondations institutionnelles et techniques d’une régulation durable. Une plateforme nationale centralisée de suivi et de supervision est par ailleurs en cours de déploiement afin d’améliorer le suivi des opérations des opérateurs.
La protection des joueurs au centre des préoccupations
Au-delà des enjeux financiers, la réforme comporte également une dimension sociale. La CSJA entend contribuer à la protection des mineurs, des personnes vulnérables et des joueurs exposés aux risques d’addiction.
Elle promeut ainsi le jeu responsable et contribue à l’encadrement des relations entre opérateurs et joueurs, notamment dans le règlement des litiges. Le dispositif officiel de la CSJA prévoit également la possibilité de signaler les activités de jeux qui semblent fonctionner sans autorisation.
Lutter contre la fraude et renforcer les recettes publiques
La préservation des intérêts de l’État constitue un autre axe majeur de la réforme. Il s’agit notamment de contribuer à la lutte contre le blanchiment de capitaux, la fraude et les flux financiers illicites, tout en assurant une meilleure traçabilité des opérations.
Le suivi des flux financiers doit permettre de renforcer la transparence du secteur et d’améliorer la mobilisation des recettes publiques. La plateforme centralisée annoncée par le Ministère des Finances doit notamment permettre un suivi plus étroit des transactions et des activités des opérateurs.
Ainsi, à travers la CSJA, le Ministère des Finances entend faire du secteur des jeux d’argent un espace mieux encadré, plus transparent et davantage orienté vers la protection des citoyens et l’intérêt public. Cette réforme marque une volonté de professionnaliser un secteur en pleine expansion tout en renforçant sa contribution à l’économie nationale.
Aaron Kikadi

